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Gestionnaire administratif et financier

Lexique de la gestion financière

Le vocabulaire de la gestion sert trop souvent à impressionner plutôt qu'à expliquer. Voici 32 termes que vous croiserez tôt ou tard — chez votre comptable, votre banquier ou dans un tableau de bord — définis en clair, avec ce qu'ils changent concrètement pour une structure créative.

Chaque définition tient debout seule : rien à lire avant, rien à lire après.

Direction financière

7 termes
DAFDirecteur administratif et financier : le dirigeant qui pilote les chiffres d'une entreprise. Il ne tient pas la comptabilité, il s'en sert. Trésorerie, marges, budgets, relations bancaires, décisions d'investissement : son horizon est l'avenir, pas la clôture.
DAF à temps partagéUn DAF qui intervient quelques jours par mois dans plusieurs entreprises, sans être salarié d'aucune. La structure accède à un niveau d'expertise de direction financière au rythme et au budget qui lui correspondent. Compter 450 à 500 € HT la journée.
DAF externaliséSynonyme courant de DAF à temps partagé. Le terme insiste sur le fait que la fonction est confiée à un prestataire extérieur plutôt qu'à un salarié. Dans les deux cas, l'intervention est régulière et s'inscrit dans la durée.
DAF de transitionUn DAF qui occupe le poste à plein temps pendant quelques mois, pour remplacer un départ ou passer un cap : levée de fonds, cession, restructuration. Il tient un poste vacant ; le DAF à temps partagé, lui, installe un pilotage qui doit durer.
RAFResponsable administratif et financier. Même périmètre qu'un DAF, à une échelle plus petite et avec une part opérationnelle plus large : il exécute autant qu'il pilote.
Expert-comptableProfessionnel réglementé qui produit les comptes annuels et sécurise le déclaratif fiscal et social. Il enregistre et certifie le passé. Il ne se substitue pas au DAF, et le DAF ne se substitue pas à lui : les deux horizons sont opposés et complémentaires.
Contrôle de gestionLa discipline qui mesure si l'entreprise fait ce qu'elle avait prévu de faire : écarts entre budget et réel, rentabilité par projet ou par client, dérives de coûts. C'est ce qui transforme une comptabilité en outil de décision.

Trésorerie et financement

7 termes
TrésorerieL'argent réellement disponible sur les comptes, à un instant donné. Une entreprise rentable peut mourir d'une trésorerie mal pilotée : le résultat se constate à la clôture, la trésorerie se vit tous les jours.
Prévisionnel de trésorerieUn tableau qui projette les encaissements et les décaissements semaine par semaine ou mois par mois, sur trois à douze mois. Il répond à une seule question, mais la plus importante : à quelle date le solde passe-t-il sous zéro, et de combien.
BFRBesoin en fonds de roulement : l'argent immobilisé dans le cycle d'exploitation, entre ce que les clients doivent encore et ce qui est déjà payé aux fournisseurs. Un BFR qui gonfle absorbe la trésorerie sans jamais apparaître dans le compte de résultat.
DSODays Sales Outstanding : le délai moyen, en jours, entre l'émission d'une facture et son encaissement. Passer de 60 à 40 jours de DSO libère un tiers de l'encours client en trésorerie, sans vendre un euro de plus.
Encours clientLe total des factures émises et non encore encaissées. C'est du chiffre d'affaires déjà acquis mais pas encore disponible : la principale réserve de trésorerie dormante d'une petite structure.
AffacturageCéder ses factures clients à un organisme financier qui les avance immédiatement, moyennant commission. Cela convertit de l'encours en trésorerie, à un coût qui se compare au découvert bancaire.
Facture d'acompteUne facture émise avant la livraison, pour encaisser une partie du prix au démarrage. C'est le levier de trésorerie le plus simple et le plus sous-utilisé : il fait payer le client au rythme où l'entreprise engage ses propres dépenses.

Comptabilité et pilotage

11 termes
Comptabilité analytiqueUne seconde lecture de la comptabilité, qui répartit produits et charges par projet, client, activité ou lieu. La comptabilité générale dit combien l'entreprise a gagné ; l'analytique dit où elle l'a gagné, et où elle en perd.
Axe analytiqueLa clé de découpage choisie pour ventiler les écritures : par projet, par client, par pôle. C'est le paramétrage qui décide de ce qu'on pourra mesurer ensuite — le choisir mal, c'est se priver définitivement d'une analyse.
Compte de résultatLe document qui récapitule produits et charges sur un exercice et en déduit le bénéfice ou la perte. Il raconte une performance sur une période, pas une situation à une date : ce dernier rôle revient au bilan.
Bilan comptableLa photographie du patrimoine de l'entreprise à la date de clôture : ce qu'elle possède d'un côté, ce qu'elle doit de l'autre. C'est le document que regardent en premier une banque ou un repreneur.
Marge bruteCe qui reste du chiffre d'affaires une fois retirés les coûts directement engagés pour le produire : sous-traitance, achats, matières. C'est le premier indicateur de rentabilité réelle d'un projet, avant toute charge de structure.
Point mortLe niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise couvre exactement ses charges. En dessous, elle perd de l'argent ; au-dessus, chaque euro supplémentaire alimente le résultat. Le connaître change la façon de fixer ses prix.
Charges fixes et variablesLes charges fixes tombent quel que soit le niveau d'activité (loyer, salaires, abonnements) ; les variables suivent la production (sous-traitance, matières). La proportion entre les deux détermine la fragilité d'une structure en cas de creux.
TJMTaux journalier moyen : le prix d'une journée de travail facturée. Rapporté au coût réel d'une journée — charges de structure et jours non facturables compris — il révèle si le modèle économique tient.
Reporting financierLa production régulière, à date fixe, des chiffres qui servent à décider : résultat, trésorerie, marges, alertes. Sa valeur tient moins à la richesse des tableaux qu'à sa régularité — un reporting mensuel imparfait bat un reporting annuel parfait.
KPIKey Performance Indicator : un indicateur suivi dans le temps parce qu'il déclenche une décision. Un chiffre qu'on regarde sans jamais rien en faire n'est pas un KPI, c'est une décoration.
Facturation électroniqueL'obligation française de transmettre et recevoir les factures entre entreprises dans un format structuré, via une plateforme agréée. Le calendrier s'échelonne selon la taille de l'entreprise ; l'anticiper évite de subir un changement d'outil dans l'urgence.

Spécificités des structures créatives

7 termes
TVA sur la margeUn régime de TVA qui ne taxe que la marge du revendeur, et non le prix total, applicable notamment aux œuvres d'art et objets d'occasion achetés à un non-assujetti. Il concerne directement galeries et antiquaires, et se perd si le suivi des achats est approximatif.
Dépôt-venteUne œuvre confiée à une galerie reste la propriété de l'artiste jusqu'à sa vente : elle n'entre pas dans le stock de la galerie. La confusion entre dépôt et achat ferme est l'une des erreurs comptables les plus fréquentes du secteur.
Artiste-auteurUn statut social spécifique aux créateurs d'œuvres originales, avec ses propres cotisations et ses propres règles de TVA. Il ne se confond ni avec le régime des indépendants classiques ni avec celui des intermittents.
Cession de droitsLe transfert au client du droit d'exploiter une œuvre — une photographie, un visuel, un texte — pour un usage, une durée et un territoire définis. C'est une recette distincte de la prestation de création, avec un traitement fiscal propre.
Honoraires par phasesEn architecture, la mission se découpe en phases normalisées (esquisse, avant-projet, permis, chantier), chacune déclenchant un appel d'honoraires. La production est continue, l'encaissement ne l'est pas : c'est là que naît le décalage de trésorerie.
DéboursUne dépense avancée au nom et pour le compte du client, refacturée à l'euro près et sans TVA. Mal qualifiée, elle gonfle artificiellement le chiffre d'affaires et fausse le calcul de la marge.
Droit de suiteUn pourcentage reversé à l'artiste ou à ses héritiers lors de la revente d'une œuvre par un professionnel du marché de l'art. Il s'ajoute au coût d'une transaction et doit être anticipé dans le prix.

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